

5 minutes pour comprendre votre profil et reprendre le contrôle sur votre prospection.
Beaucoup de consultants en recrutement se sentent à l'aise avec les responsables RH ou les managers opérationnels, mais hésitent dès qu'il s'agit de prospecter un DAF ou un directeur général. La peur de ne pas être légitime, de ne pas maîtriser les sujets financiers ou stratégiques, les pousse à rester sur les mêmes interlocuteurs. C'est dommage, car ces décideurs ont souvent la main sur les budgets, les recrutements de cadres et les choix de prestataires. Cet article te donne une méthode pour préparer l'approche, adapter ton discours et obtenir un premier rendez-vous avec ces profils de direction.
Dans une PME ou une ETI, le directeur général valide la plupart des recrutements importants, et le directeur administratif et financier arbitre les budgets. Le DAF recrute aussi pour sa propre direction : contrôleurs de gestion, comptables, trésoriers, responsables paie. Viser ces interlocuteurs te permet donc d'accéder à la fois à des postes à pourvoir et à la décision d'achat.
Ces décideurs sont aussi moins sollicités par les cabinets que les services RH, précisément parce que beaucoup de consultants n'osent pas les contacter. Un message bien construit a donc plus de chances d'être lu. Enfin, une relation établie au niveau de la direction tend à être plus stable : elle résiste mieux aux changements d'interlocuteur dans les équipes RH.
Dans la plupart des cas, la difficulté tient davantage à la posture qu'au canal ou au script. Un consultant qui se perçoit comme un vendeur face à un dirigeant aura tendance à s'excuser de déranger, à trop parler de son cabinet et à accepter la première objection. Un consultant qui se perçoit comme un expert du marché de l'emploi engage la conversation sur un pied d'égalité.
Cette légitimité se construit. Elle repose sur ta connaissance du secteur de ton interlocuteur, sur des données de marché précises, comme les niveaux de rémunération, les délais de recrutement ou la rareté de certains profils, et sur ta capacité à relier le recrutement aux enjeux de l'entreprise. Ce qu'attend un DAF, c'est un partenaire qui l'aide à sécuriser un poste clé sans dérapage de coût ni de délai. Si cette question de posture te freine, l'article sur les erreurs qui plombent le développement commercial aborde plusieurs de ces blocages.
Un dirigeant détecte en quelques secondes un message générique. La préparation est donc essentielle. Avant tout contact, rassemble les informations publiques sur l'entreprise : chiffre d'affaires et résultats lorsqu'ils sont publiés, actualités récentes, ouvertures de sites, rachats, nominations et offres d'emploi en cours. Regarde aussi le parcours de ton interlocuteur et ses prises de parole publiques.
Cette recherche doit te permettre de formuler une hypothèse sur ses enjeux. Le tableau suivant donne quelques repères pour orienter ton discours.
| Interlocuteur | Préoccupations fréquentes | Angle d'approche |
|---|---|---|
| DAF | Maîtrise des coûts, fiabilité des chiffres, continuité de la fonction finance | Coût d'un poste vacant ou d'une erreur de recrutement, sécurisation des postes clés |
| DG de PME | Croissance, organisation, temps disponible | Structuration de l'équipe de direction, gain de temps sur les recrutements |
| DG d'ETI ou de filiale | Résultats, transformation, relations avec le groupe | Recrutements de managers, accompagnement d'un projet de transformation |
Pour les grandes structures, où la prise de décision implique plusieurs niveaux, l'article sur la prospection des grands comptes complète utilement cette préparation.
Avec un dirigeant, le discours doit être court, factuel et orienté résultats. Évite le jargon du recrutement et les descriptions de processus. Parle plutôt de délais, de risques, de coûts et d'impact sur l'activité. Une phrase comme « Nous avons une méthode de sourcing innovante » n'apporte rien.
Le style de communication compte aussi. Certains dirigeants veulent aller droit au but, d'autres ont besoin de chiffres détaillés, d'autres encore privilégient la relation. Savoir identifier ces profils en quelques échanges t'aide à adapter ton rythme et tes arguments. C'est l'objet de la formation DISC appliquée au recrutement, qui travaille la lecture des profils comportementaux en situation commerciale.
Le téléphone reste très efficace avec les dirigeants de PME, souvent joignables directement ou via une assistante. LinkedIn permet une approche plus douce, notamment si tu as interagi avec leurs publications. L'e-mail fonctionne bien lorsqu'il est très court et qu'il annonce une information précise. Dans tous les cas, attends-toi à franchir un barrage : les conseils de l'article sur les barrages des secrétaires s'appliquent pleinement aux assistantes de direction.
L'objectif du premier contact avec un DAF ou un DG est d'obtenir un échange court, de vingt à trente minutes, centré sur ses enjeux. Propose un sujet précis plutôt qu'une présentation de ton cabinet : un point sur le marché d'un métier, un retour d'expérience sur une problématique qu'il rencontre, ou un profil rare que tu as identifié. Le push d'un candidat de haut niveau, anonymisé, est souvent un excellent déclencheur.
Prépare aussi les objections les plus courantes : « Voyez avec la DRH », « Nous n'avons pas de besoin », « Nous travaillons déjà avec un cabinet ». Chacune peut être retournée par une question. Si le dirigeant te renvoie vers la DRH, demande-lui quel sujet il souhaite que tu abordes avec elle, ce qui te permet ensuite de te présenter de sa part. Pour t'entraîner à ces échanges, la formation en prospection téléphonique propose des mises en situation avec des profils de décideurs. Tu trouveras d'autres pistes dans l'article consacré à la génération de rendez-vous.
Un dirigeant qui n'a pas de besoin aujourd'hui en aura probablement un dans les mois qui viennent. Garde le contact en partageant de temps en temps une information utile, comme une étude de rémunération ou un mouvement de marché. Cette régularité, sans insistance, t'installe comme une référence. Tu peux aussi t'appuyer sur ton expertise des profils rares ou expérimentés pour nourrir ces échanges.
La question est surtout de choisir le bon point d'entrée. Dans une PME sans DRH, le DG est l'interlocuteur naturel. Dans une structure plus grande, le DG peut te recommander auprès de la DRH, ce qui renforce ta crédibilité.
Tu n'as pas besoin de maîtriser la comptabilité. Il suffit de comprendre les enjeux de ton interlocuteur et de connaître parfaitement le marché des métiers que tu recrutes pour lui.
Aucune étude fiable ne permet de désigner un créneau universel. Teste différents horaires, notamment tôt le matin ou en fin de journée, et observe tes propres résultats.
Plusieurs relances espacées et variées sont généralement nécessaires. Chacune doit apporter une information nouvelle plutôt que répéter le message précédent, en moyenne il faut 8 points de contacts avant de rencontrer quelqu'un.
Prospecter un DAF ou un DG demande surtout de changer de posture : te présenter comme un expert du marché, préparer chaque approche et parler le langage des résultats. Une fois cette légitimité installée, ces décideurs deviennent des interlocuteurs privilégiés, souvent plus fidèles que les relais opérationnels. Si tu veux repositionner ta prospection vers des décideurs de plus haut niveau et construire le plan d'action qui va avec, l'accompagnement Signature t'accompagne sur l'ensemble de ta stratégie.

Ancienne consultante en recrutement d’un Big 4. Aujourd'hui, j'accompagne les consultants en recrutement à développer un portefeuille client solide et rentable.
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